Article n°35 | Éducation : constat et propositions
- Un constat chiffré
Les premiers constats concerne les élèves : environ 140.000 jeunes sortiront du secondaire sans diplôme cette année et 4 écoliers sur 10 sortiront de CM2 avec des lacune en lecture et/ou en écriture et/ou en mathématiques (ce document du MEN donnant des chiffres du Ministère de la Défense (p.77) signale même qu’un peu plus de 10% des jeunes sont en difficulté ou en grande difficulté de lecture lors de leur JAPD). Les seconds constats concerne l’École : environ 50.000 postes ont été supprimés dans l’Éducation Nationale depuis 2007 et environ 1.600 fermetures de classes sont prévues pour la rentrée 2011.
Ainsi, un calcul s’impose. Selon les chiffres officiels, il y a eu cette année environ 3.492.000 élèves dans l’élémentaire avec une moyenne de 22,7 élèves par classe : avec un rapide calcul on arrive à un total d’environ 154.000 classes. A la rentrée prochaine, le ministère annonce 1.600 fermetures de classes ce qui porterait ainsi le nombre de classe à environ 152.400. De plus, on prévoit déjà 4.900 élèves en plus ce qui ferait un total d’environ 3.496.900 élèves. Avec là encore un calcul rapide, on arriverait dès lors à une moyenne de 22,9 élèves par classe.
Selon un rapport remis par Thomas Piketty (directeur d’études à l’EHESS) et Matthieu Valdenaire au ministère de l’Éducation Nationale en mars 2006, un élève par classe en plus à l’école primaire aboutirait à une baisse des résultats (de 0,39 points). Ainsi, il n’est pas besoin de faire de calcul pour dire qu’une augmentation du nombre d’élève par classe amènerait à une baisse des résultats (peu importe de combien) et nous ne pouvons accepter cela. Au passage, ce même rapport ajoute qu’il faut cibler très fortement les moyens en faveur des ZEP pour l’égalisation des chances et des résultats avec les écoles hors ZEP.
On pourrait alors se questionner sur ce coût en se posant notamment la question de savoir pourquoi le ministère paye autant alors que cet argent pourrait servir à d’autres choses. Là je n’ai malheureusement pas la réponse et je ne peux donc pas en dire plus.
- Des propositions réfléchies
Sur la sanctuarisation des moyens de l’Éducation Nationale (voir cet article et celui-là), sur la nécessaire revalorisation de la place de la communauté éducative et sur l’objectif affiché de 100% de maîtrise de la lecture et de l’écriture à la sortie du primaire et sur la sécurité des élèves avec notamment plus de surveillance en récréation et en temps de vie scolaire, je ne dirais rien de plus que mon accord (et l’éventualité d’un futur article à ce sujet).
Sur les autres propositions, je souhaite développer mon avis. Le Mouvement Démocrate souhaite repenser le temps scolaire pour réduire la surcharge quotidienne avec une année plus longue et plus équilibrée. C’est une idée que je suis prêt à défendre car je pense que, en effet, il est nécessaire de revoir l’organisation du temps scolaire avec des journées moins chargées peut-être sur le modèle allemand (cours de 7h30 à 13h30 et activités variées le reste de la journée) et moins de vacances notamment en été.
Toutefois, il reste ici à réfléchir sur le coût d’un tel projet : qui va payer les activités ? Si l’Etat doit payer, avec quel argent ? Je pense que ce débat devra se représenter lorsque la France aura des moyens réels pour financer des projets ambitieux, pour mettre en oeuvre une véritable réforme du système éducatif français.
Cette proposition va selon moi avec celle d’expérimenter des formats de « collèges hors les murs » pour adapter les élèves aux réalités et à la vie professionnelle. En effet, rapprocher les années scolaire et professionnelle est une bonne idée, une façon de préparer un peu plus l’élève à ce que sera – si tout va bien – sa vie future.
Si l’expression de « collège hors les murs » signifie plus d’interaction entre les collégiens et l’environnement extérieur (les entreprises, les associations, la mairie, etc) via par exemple des expositions ou des sortes de conférences adaptées aux collégiens, alors je suis favorable à cette proposition toujours dans l’idée de lier encore plus l’élève à ce qui l’attend (présentement dehors ainsi que dans son futur).
Je développerai mes propositions dans un prochain article afin de rendre celui-là plus digeste.

L'article est repris sur le site "Les Démocrates" : http://lesdemocrates.fr/2011/06/21/education-constat-et-propositions/. Je n'ai pas manqué de faire un commentaire