Article n°26 | Education ou instruction ?
- Education ou instruction ?
- Lire, écrire, compter et raisonner
Voilà un grand défi à relever ! Faire en sorte qu’une personne sortant du système scolaire soit capable de réfléchir par elle-même sans se baser sur des réflexions préconçues. C’est même l’un des buts qui anime les cours de philosophie en classe de Terminale. Mais tout le monde ne choisissant pas la filière générale, l’enseignement d’un tel outils qu’est la réflexion, il est nécessaire de faire en sorte que chacun puisse y avoir accès plus tôt : dès le collège par exemple voir dès les dernières classes de l’enseignement primaire.
Toutefois, il faut bien reconnaître que les trois fondamentaux actuels ne sont pas une réussite complète. En effet, aujourd’hui encore des personnes sortent du système scolaire sans savoir lire, écrire ou compter un minimum. Pour cela, à qui incombe la faute ? Je ne sais pas, mais ce que je sais, c’est qu’il faut y remédier – en fixant clairement des méthodes (eh oui, le changement fréquent des méthodes d’apprentissages n’aide personne !) – et pourquoi pas tenter de faire de « raisonner » un quatrième volet d’une politique en matière d’éducation, d’instruction.
Voilà une deuxième question que je vous propose dans le cadre d’une réflexion globale sur l’éducation et l’instruction.
Commentaires
Je ne parle pas que de philosopher, je parle également de raisonner dans le sens par exemple de la logique : savoir (au moins à peu près) structurer une réflexion à la sortie du collège me parait être un bon objectif. Est-ce plus clair ^^ ?
Je suis tout de même pour une progressivité apparente dans les étapes de l'apprentissage de la réflexion. Même en mathématiques, au collège (et a fortiori au lycée), aucune réflexion n'est demandée, et il serait difficile d'en attendre plus d'un collégien. Pour raisonner, aussi bien en philosophie qu'en mathématiques, en logique, en histoire…, il faut déjà un socle complet. D'où le triptyque lecture-écriture-calcul, à mon goût.
Ce qui est demandé au collège – en tout cas on me le demandais – c'est de savoir appliquer une méthode de raisonnement que je qualifie maintenant de juridique : majeur, mineur, conclusion.On est d'accord sur le fait qu'il faut tout d'abord avoir la maîtrise du socle-triptyque de méthode pour pouvoir engranger des connaissances, c'est indéniable.En revanche, le cran suivant est bien "raisonner" selon moi et je pense qu'on doit le maîtriser un minimum à la sortie du collège.La philosophie est pour moi un autre niveau qui mérite de déjà savoir raisonner (de la façon que l'on souhaite et c'est là que je refuse le formatage : chacun à une manière favorite pour raisonner). C'est avec la philosophie que l'on mêle les connaissances engrangées et le raisonnement pour se faire une idée. Je me trompe ?
Non, tu ne te trompes pas !Pour la philosophie, ce que je trouve dommage dans le système français, c'est de n'en faire qu'une seule année, en fin de lycée. Ce qui serait plus raisonnable, à mon sens, serait de commencer dès la première, pour avoir un meilleur recul sur les œuvres principales, les idées fondamentales… Et ainsi, la matière pourra servir à apprendre à raisonner, et plus seulement à savoir replacer des citations dans un plan prémâché.
On se retrouve donc au final 😀

Je suis d'accord avec toi (heureusement) sur le rôle important que doit jouer l'éducation/instruction. Par contre, je trouve assez contradictoire de refuser le rôle de "façonnage" de l'EN tout en voulant qu'elle apprenne aux enfants à raisonner. Un lycéen n'est jamais mieux conditionné qu'en cours de philosophie.Apprendre aux enfants à raisonner, je ne suis pas d'accord. Je ne vois pas comment un collégien peut philosopher. Il faut une certaine sensibilité, de l'expérience, de la raison. Et à 13 ans, on n'a pas encore ces qualités.